Nuit de la Saint-André : rêver de l’amour à venir
Le 30 novembre, on fête saint André, l’un des apôtres. Dans plusieurs régions, on jugeait la veille au soir propice pour interroger l’avenir, surtout en amour. En Wallonie, on l’appelait affectueusement « saint André, bon batelier ». Les jeunes filles voulaient savoir qui elles épouseraient, et la réponse devait souvent venir pendant la nuit, en rêve ou au réveil.
Les rituels de la veille
Une pomme glissée dans la poche
En Lorraine, la veille de la Saint-André, la jeune fille qui voulait connaître en rêve le nom de son futur mari mangeait une pomme en se couchant, tout en formulant son vœu. Mais cette pomme devait avoir été glissée dans sa poche à son insu.
Une pelure de pomme
En Wallonie, le soir de la Saint-André, les jeunes filles pelaient une pomme sans casser la pelure, puis jetaient cette longue pelure derrière la tête du lit sans se retourner. Le lendemain matin, elles cherchaient dans ses courbes l’initiale de leur futur mari.
Les prières à saint André
En Wallonie et dans les Vosges, on priait aussi saint André de montrer en rêve le futur mari. Les folkloristes ne précisent pas toujours si c’était la veille de sa fête ou un autre soir.
La prière au « bon batelier »
En Wallonie, la formule la plus répandue disait : « Saint André, bon batelier, / Faites-moi voir en mon dormant / Celui que j’aurai de mon vivant ». Elle demandait aussi que le futur mari tienne en main « l’outil de son gagne-pain ». La jeune fille récitait ces vers au moment de se coucher.
Des bas lancés derrière le lit
Avant de dire cette prière, la jeune fille wallonne s’asseyait sur son matelas et lançait ses bas derrière la tête du lit, sans les regarder. Au lever, elle les observait : ils devaient former la première lettre du prénom de son futur mari.
La lune à la fenêtre
À Battice, au pays de Liège, la jeune fille choisissait un soir où la lune éclairait sa fenêtre. Elle se mettait au lit à reculons, sans quitter la lune des yeux, et adressait sa prière à « saint André, bon batelier » pour voir en rêve son futur mari.
Le soulier gauche sous le lit
À Cornimont, dans les Vosges, on s’adressait d’abord à la lune, puis à saint André. Il fallait le faire le premier vendredi après la nouvelle lune, et poser son soulier gauche sous le lit.
Une nuit parmi d’autres
Ces prières à la lune et aux saints ne se disaient pas seulement à la Saint-André. On les retrouve aussi la veille de Noël dans les Alpes vaudoises et à la Saint-Jean en Wallonie.
Veille de Noël
Une clé, un bas ou un peu de farine sous l’oreiller, dans les Alpes vaudoises.
Nuit de la Saint-Jean
Une prière à la lune aux vers très proches, que les jeunes filles wallonnes disaient au début de l’été.
Aujourd’hui
Aujourd’hui, la Saint-André est surtout l’occasion de sourire de ces vieilles recettes, ou de les essayer par curiosité entre amis. Vos rêves de cette nuit-là ne disent rien de votre avenir, mais ils peuvent montrer ce qui vous occupe en amour en ce moment. Si l’un d’eux vous reste en tête, notez-le dès le réveil.
Symboles associés
Sources
- Y. Bastin, « Le mariage en Wallonie », dans « Mariage et traditions », Traditions et Parlers populaires Wallonie-Bruxelles, Bruxelles, 1996, p. 7
- P. Sébillot, « Le Folk-lore de France », t. I : Le ciel et la terre, Paris, Guilmoto, 1904, p. 58–59
- P. Sébillot, « Le Folk-lore de France », t. III : La faune et la flore, Paris, Guilmoto, 1906, p. 398
Les interprétations des rêves sont proposées à titre de divertissement.